Les mensonges sur le Snus et l’ecigarette

Deux chercheurs en santé publique condamnent la « quarantaine d’informations » entourant les produits de nicotine plus sains.

Dans la volonté de dénoncer la «santé publique», deux chercheurs éminents en tabacologie accusent des organisations médicales et les organismes gouvernementaux de falsifier les informations sur l’énorme différence de risque entre les cigarettes et les autres produits de nicotine.
S’exprimant dans The International Journal of Drug Policy, Lynn Kozlowski, professeur de santé publique à l’Université de l’État de New York à Buffalo, et David Sweanor, professeur de droit adjoint à l’Université d’Ottawa, font valoir que la quasi-officielle « quarantaine d’informations » sur le tabac sans fumée et les e-cigarettes met en danger la vie des gens sur la base de préoccupations invraisemblables couplées à des «réactions morales chargées d’émotion»,  de «dégoût et de mépris ».

Depuis 2003, Kozlowski et son co-auteur notent ce que les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et l’Administration des abus de substances et services de santé mentale (SAMHSA) disent sur le tabac sans fumée – qui est au moins 50% et peut être plus de 90% moins dangereux que les cigarettes (selon les maladies considérées et le type de tabac sans fumée, avec un faible taux de nitrosamines comme le Snus suédois). La CDC et SAMHSA, ostensiblement dédiés à l’éducation du public sur les questions de santé, ne mettent pas en avant l’énorme différence de risque mais prétendent faussement que le tabac sans fumée est tout aussi dangereux que les cigarettes.

Après avoir décortiqué les sites des CDC et SAMHSA, Kozlowski et Sweanor examinent ensuite les informations présentées par la Mayo Clinic, l’Institut national du cancer (NCI) et l’American Cancer Society (ACS). Ils constatent que la Mayo Clinic dénigre le tabac sans fumée en affirmant qu’il n’est pas moins dangereux que les cigarettes, tandis que SAMHSA et NCI ne fournissent «aucune information sur les risques de la cigarette traditionnelle qui pourrait lever les malentendus pour le public. » Le site ACS est un peu mieux, affirmant que les « produits du tabac sans fumée sont moins meurtriers que les cigarettes, » mais sans donner aucune indication sur l’ampleur de la différence.

Cette quarantaine d’informations semble être assez efficace pour maintenir le public dans l’ignorance. Kozlowski et Sweanor citent une enquête NCI qui révèle que 13% des Américains savent que « certains produits du tabac sans fumée, comme le tabac à chiquer, le Snus et le tabac à priser, sont moins nocifs pour la santé que les cigarettes. »
L’ignorance des informations relatives aux e-cigarettes, qui, elles, sont estimées 95% plus sûres que les traditionnelles, est également très répandue, en raison des déclarations des organismes gouvernementaux et des groupes anti-tabac qui sont inutiles au mieux, carrément mensongers au pire.
Selon un sondage Reuters 2015, seuls 35% des Américains comprennent que « la cigarette électronique est plus saine que les cigarettes traditionnelles. » Le reste, près des deux tiers, sont en désaccord avec ce fait ou n’en ont pas connaissance.

«Si la science apprend que tel alcool peut causer la mort prématurée de 3 à 5 de ses consommateurs réguliers, tandis qu’une autre boisson alcoolisée peut causer 95% ou même 9,5% moins de décès prématurés, les consommateurs doivent en être informés », écrivent Kozlowski et Sweanor.
«Ce serait scandaleux, voire criminel, de taire ces faits pour les consommateurs. Pourtant, ces faits sont cachés aux consommateurs adultes de tabac / produits légaux de nicotine pour ne pas les informer ou les désinformer activement. Comme si les consommateurs de tabac avaient les yeux bandés, non autorisés à voir les différences spectaculaires des produits disponibles.  »

Non seulement le gouvernement refuse d’informer les gens du potentiel du tabac sans fumée et des cigarettes électroniques,  il ne laisse pas les fabricants de ces produits diffuser ces informations pour potentiellement sauver des vies.
Comme Kozlowski et Sweanor le notent, la Loi qui autorise la Food and Drug Administration (FDA) à réglementer les produits du tabac « interdit aux fabricants toute information sur la réduction des risques à moins qu’elle soit avérée avant commercialisation, une tâche quasi impossible, une barrière qu’aucun produit n’a encore surmonté, et une obligation jamais imposée à d’autres catégories de produits réglementés par la FDA « .
Cette norme signifie que la FDA peut censurer des informations véridiques sur des alternatives moins dangereuses que les cigarettes,  se souciant prétendûment du comportement des consommateurs.
Peut-être que certains fumeurs abandonneraient totalement le tabac avec le Snus. Peut-être que certaines personnes qui n’ont jamais essayé le tabac commenceraient à utiliser le snus. Peut-être que d’autres se mettraient à fumer…
«Même si certains fumeurs passés au tabac sans fumée ont réduit leur risque individuel», le CDC a soutenu en 2003, « qu’il était probable que le risque pour la santé de la population globale augmenterait considérablement si le tabac sans fumée était promu en tant que produit présentant un potentiel de réduction des risques. »

En réalité, ce n’est pas du tout probable. Compte tenu de l’énorme avantage pour la santé de l’utilisation du Snus, il y aurait une réduction nette des maladies liées au tabac, même si l’ensemble de la population commençait à l’utiliser, à moins qu’ils enchaînent sur la cigarette traditionnelle.
Comme Kozlowski et Sweanor le soulignent, il y a peu de preuves d’un effet «passerelle». «Les préoccupations théoriques ne suffisent pas … pour justifier des informations mises en quarantaine, » écrivent-ils.

D’un point de vue libertaire, les préoccupations de la CDC ne justifient ni la censure ni la tromperie, même s’il y avait des preuves pour agir de la sorte. Mais la politique actuelle du gouvernement est erronée, du fait même des normes paternalistes de «santé publique», qui permettent de maquiller les sources d’informations lorsque les avantages (y compris la prévention de l’automutilation) sont censés l’emporter sur les coûts.

Kozlowski et Sweanor soutiennent que «la diabolisation du tabac / produits de nicotine et l’industrie du tabac ont faussé les principes de santé publique en agissant comme si tous les produits du tabac devaient être interdits. Ils notent qu’ «un outrage moral caractérise l’opinion sur le tabac désormais présenté moins dangereux que d’autres produits nocifs et illicites. » Cette réaction émotionnelle explique pourquoi «les principes de réduction des méfaits ont été facilement adoptés pour de nombreux produits avérés dangereux (voitures, produits pharmaceutiques, alcool) ou pour des comportements souvent illicites ou moralement répréhensibles, mais les cigarettes et le tabac ont été traités différemment. »
Soulignant cette incohérence, Kozlowski et Sweanor offrent des comparaisons provocatrices.
« Dire aux consommateurs que toutes les options de ces produits sont aussi mauvaises que les cigarettes est mensonger, tout autant que de dire aux populations à risque que l’utilisation du préservatif n’offre aucune protection».
En ce qui concerne les exigences prohibitives pour la commercialisation des produits du tabac à risque réduit, ils affirment : « C’est comme si les programmes d’échange de seringues pour l’héroïne ne devaient démontrer aucun effet négatif sur la santé publique avant d’être mis en œuvre tout en vendant au comptoir des seringues usagées. »
Cela peut sembler hyperbolique pour charger des gens comme le Directeur des CDC, Tom Frieden et le célèbre médecin, Margaret Cuomo, en les accusant de décourager de l’usage du préservatif ou de bloquer l’accès aux aiguilles hypodermiques. Mais ces analogies fonctionnent. Si vous voulez limiter la propagation des maladies transmissibles, la disponibilité des préservatifs et des seringues stériles est une évidence. Mais si vous voulez décourager les rapports sexuels et la consommation d’héroïne, vous pouvez décréter que pratiquer des activités plus sûres est contre-productif.
Les responsables de la santé publique et les autorités médicales qui dénaturent les dangers du tabac sans fumée et des cigarettes électroniques font un jugement similaire, tout aussi répréhensible.

Traduction de
http://reason.com/blog/2016/04/06/lying-about-e-cigarettes-and-smokeless-t

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