Cigarette électronique : des scientifiques sous influence…

 

Les autorités de régulation se concentrent sur les cigarettes électroniques au lieu de lutter contre le tabagisme
Dr Farsalinos

Il est vraiment surprenant de constater combien de temps, d’efforts et de ressources sont consacrés par les autorités de santé publique pour « réglementer » les e-cigarettes.
Le plus souvent, leur but est de restreindre la disponibilité et l’accessibilité des e-cigarettes aux consommateurs (les fumeurs).  Ils tentent également de limiter la diversité des produits et leur potentiel d’évolution. La principale raison de cette «régulation» (selon leurs propres dires) se base sur les effets à long terme inconnus de l’utilisation des e-cigarettes et leur but est de protéger la santé publique. Fait intéressant, la discussion sur les e-cigarettes a presque éclipsé les discussions sur le tabagisme et la façon dont cette épidémie progresse.

Où se trouve la vérité ?

Tant d’efforts de régulation et de décisions sont, c’est le moins que l’on puisse dire, un paradoxe complet.
Le comportement et l’attitude de ces organismes de réglementation qui vous font croire qu’ils ont résolu le problème du tabagisme et sont maintenant concentrés sur une nouvelle menace pour la société (les e-cigarettes).
L’OMS prévoit 1 milliard de décès dûs au tabagisme au cours du 21e siècle. On prévoit que le nombre de décès annuels dûs au tabagisme devrait passer de 6 millions aujourd’hui à 8 millions en 2030. Il n’existe aucun fumeur ne sachant pas que cette habitude peut être mortelle, et pourtant ils continuent de fumer. Malgré les interdictions de fumer, en dépit de l’augmentation significative des prix, en dépit de l’information et de l’éducation sur les effets nocifs.
Par conséquent, il semble étrange que les autorités de santé publique concentrent tous leurs efforts sur les cigarettes électroniques, qui peuvent représenter une opportunité historique pour réduire les dommages sur la santé liés au tabagisme.
Chaque jour, nous apprenons qu’un conseil de santé local d’une petite ville américaine se prépare à mettre en place l’interdiction ou la restriction des e-cigarettes. C’est la nouvelle tendance dans la politique …

À mon avis, nous ne devrions pas blâmer les organismes de réglementation, mais les scientifiques qui les conseillent. Les e-cigarettes sont un domaine où les informations scientifiques erronées, biaisées, les campagnes de peur et d’intimidation sont à l’ordre du jour, même au sein de la communauté scientifique. Peut-être le font-ils par idéologie ou par peur que l’histoire ne se répète (développement de l’industrie du tabac au cours du 20e siècle). Toutefois, l’obligation éthique de la communauté scientifique est de fournir de l’information appropriée et fiable basée sur des faits. Bien sûr, ils devraient mettre en garde contre les dangers théoriques, mais en aucun cas ils ne devraient ignorer les faits.

Je vais vous présenter un cas typique où les scientifiques ne parviennent pas à réaliser les véritables implications de leur recherche et  tirent des conclusions paradoxales sur leurs propres conclusions. L’année dernière, lors de la réunion annuelle de la Société pour la recherche sur la nicotine et le tabac en Europe (SRNT-Europe), une étude réalisée en Corée du Sud a été présentée.
Il s’agissait d’une enquête auprès de 1872 élèves des écoles intermédiaires et secondaires dans une ville près de Séoul. De toute évidence, l’objectif principal était d’évaluer la sensibilisation à l’e-cigarette et son utilisation (pour l’expérience de fumer) dans cette population d’adolescents. Les auteurs ont signalé que 6,3% de l’échantillon (117 adolescents) avaient expérimenté les e-cigarettes. L’expérience du tabac était rapportée par 17% (318 adolescents).
Encore plus intéressant, 101 des 117 adolescents ayant déclaré avoir testé l’e-cigarette étaient des fumeurs (86%). En faisant une analyse statistique, les auteurs mentionnent que les fumeurs sont 33 fois plus susceptibles d’essayer les cigarettes électroniques par rapport aux non-fumeurs.

De toute évidence, la principale conclusion de l’étude est que la prévalence du tabac est assez élevée chez les adolescents sud-coréens, et que les e-cigarettes sont principalement utilisées par des fumeurs et peut représenter une passerelle hors du tabac (puisque 86% des utilisateurs de e-cigarettes étaient des fumeurs).
Pourtant, la conclusion – choquante- des auteurs est : « l’utilisation de l’E-cigarette chez les adolescents sud-coréens est relativement commune. Une surveillance et des mesures pour empêcher son utilisation continue est nécessaire.  »
De toute évidence, les auteurs estiment que le taux de tabagisme de 17% (ou l’expérience de fumer, comme mentionné) dans ce groupe n’est pas important et ne doit pas alarmer les autorités (?) Comment peut-on vraiment parvenir à une telle conclusion à partir de l’analyse de ces données ? Est-ce ce genre de conseils que ces scientifiques fournissent aux organismes de réglementation afin de prendre des décisions adéquates dans l’intérêt de la santé publique ? Comment pouvons-nous espérer une réglementation répondant aux besoins réels de la population quand les scientifiques ne comprennent pas eux-mêmes leurs conclusions ou les présentent de manière ridicule ?

http://www.ecigarette-research.com/web/index.php/2013-04-07-09-50-07/124-regulatory-authorities-focus

Le Dr Farsalinos est chercheur au Onassis Cardiac Surgery Center à Athènes-Grèce and au Medical Imaging Research Center, University Hospital Gathuisberg à Leuven-Belgique.

* Traduction par Amanda

Junk Science

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